Miss Marketing Magazine
Pour mettre les compétences féminines en lumière

CAPITAINE DE LA SEMAINE : CHOUNA LOMPONDA

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Derrière chaque capitaine, il y a une histoire (c’est quoi ton histoire)

Etant la fille d’un Amiral, et par mes origines, descendante d’un peuple de riverains d’un territoire appelée Makanza, en RDC, autrefois surnommé « Nouvelle Anvers »… Larguer les amarres vers de nouveaux cieux, et affronter de nouveaux défis, c’est quelque chose que j’ai appris à faire depuis toute petite.

J’ai beaucoup voyagé, c’est un privilège qui a forgé en moi une ouverture aux autres et au monde et développé ma curiosité et ma faculté d’adaptation…Il ne me faut pas grand-chose pour me sentir chez moi.
A 10 ans, j’étais une petite fille rêveuse qui savait pertinemment ce qu’elle voulait et qui aimait beaucoup lire. Les livres me permettaient de m’évader. Je voulais être soit journaliste, soit actrice, soit célèbre!

Journaliste, je l’ai été et le demeure avec un parcours qui a démarré dans les médias, la presse écrite, pour couvrir des sujets culturels et de société. Et la radio, en qualité de reporter pour des émissions thématiques. Une carrière qui se poursuit en télévision où j’ai assumé, tour à tour, des fonctions d’éditrice, de présentatrice ou encore, de rédactrice en chef d’émissions quotidiennes et hebdomadaires… Pour l’actrice, une reconversion possible, sait-on jamais! Il faudra bien que toutes ces années de diction et de théâtre servent à quelque chose (rires)! Il est triste de constater qu’aujourd’hui, les jeunes ne rêvent plus, ou pas assez. Avant d’avoir une vision, il faut avoir de Grands rêves!
D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours eu ce côté téméraire et endurant et il en faut, -lorsque l’on est une « Femme noire diplômée », soit la catégorie la plus discriminée dans nos sociétés européennes- pour se faire une place dans un secteur aussi élitiste que celui de la communication et de la culture. Un domaine où il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. On a essayé de me décourager si souvent, j’ai gardé le cap sur les objectifs de ma vie.

2005, mes deux gamins sous le bras, je décide de voguer vers des cieux plus ensoleillés; je quitte chez moi, la Belgique, pour aller chez moi, au Congo. Un cheminement qui bifurque ensuite vers la communication des organisations et des entreprises. Il m’a été confié la direction de cellules de communication externe et interne, au sein du Groupe International Heineken, une expérience enrichissante, mais plus compliquée au niveau humain. J’ai également assuré la fonction de conseillère en communication politique, d’un Ministère, celui du Portefeuille de l’Etat… Travailler dans un cabinet politique nécessite une part sacrificielle importante. Mais comme le chantait Edith Piaf : « Non rien de rien, non je ne regrette rien ».

Depuis 6 ans, je suis aux commandes du Département de la Communication du Musée Juif de Belgique. Le pitch de ma fonction: Je traduis les objectifs de l’institution en objectifs de communication. Je garantis l’image du Musée Juif de Belgique en assurant sa promotion auprès des médias et du grand public. En qualité de porte-parole, mon rôle est de faire connaître la position du musée à l’extérieur et de gérer les relations avec les organismes (politiques, culturels, européens…).

J’ai une palette d’interlocuteurs variés et intéressants: artistes, donateurs, journalistes, scénographes, institutions privées,… C’est très stimulant intellectuellement! Je ne peux pas parler de mon travail, sans évoquer la date du 24 mai 2014, l’attentat au Musée Juif de Belgique, où périrent quatre victimes: Alexandre Strens, Dominique Sabrier, Emmanuel et Myriam Riva. Ce tragique événement, cette onde de choc qui s’abat sur nous tous, me fait réaliser que nous sommes peu de choses et que le temps de chacun est une donnée que nous ne maîtrisons pas. Qu’il faut l’utiliser à bon escient et faire les choses, oser entreprendre, pour ne pas s’en aller avec des regrets.

J’ai des causes qui me sont chères: les femmes et leur leadership dans la société, la lutte contre les stéréotypes et les préjugés par l’empowerment en suscitant auprès des jeunes générations un sentiment de reconnaissance et d’appartenance qui va bien au-delà des races et du communautaire. C’est pour cette raison que je lance, cette année, la campagne #DelaReussiteparmivous, soit 20 profils « high level » de réussite dans des domaines divers, ayant un dénominateur commun : celui d’être issu de la diversité.
Il s’agit là de faire la diversité dans la diversité. C’est une campagne qui se déclinera: en affichage dans la ville, un micro-site, sur les réseaux sociaux et une exposition… On pourra voir un Geek belgo-roumain), côtoyer une experte en Marketing de Tchécoslovaquie, un Financier originaire du Togo, une Créatrice belgo-congolaise ou encore une Miss Marketing, Architecte d’idées aux origines tunisiennes. C’est un projet à vocation pédagogique qui s’arrêtera dans les écoles et les universités pour faire découvrir ces nouveaux rôles model, car la réussite n’est pas une question de races ou de religions, mais bien une vie qui a du sens, et qui donne du fruit pour soi et pour les autres.

Quelles sont les plus grandes difficultés à surmonter quand tu t’es lancé?

Le premier défi est lié à l’étroitesse d’esprit…Inutile de développer, je crois que tout le monde a compris. Difficulté également – c’est assez présent dans certains secteurs pour le souligner- pour beaucoup de comprendre que la communication est un vrai métier, qui  s’inscrit dans une réelle stratégie.

Ta plus grande réussite ?

Impossible d’en choisir une!

Travailler dur pour faire d’une institution (le Musée Juif de Belgique) peu connue du grand public en 2011 et devenue « The place to be »! Qui, outre présenter une histoire et une culture au travers de ces expositions temporaires et permanentes, accueille des auteurs (Olivier Guez, Prix Renaudot 2017), inspire des créateurs, attire des Magazines de mode et dont tout le monde, ou presque, parle aujourd’hui.  Avoir pu imposer l’engagement d’un  Scénographe professionnel, la collaboration du musée avec Christophe Gaeta, a permis une nouvelle écriture de nos expositions « Bruxelles : Terre d’Accueil ? » et « Amy Winehouse – A family Portrait ».

Avoir fondé, avec 4 personnes talentueuses et inspirantes, une ASBL « SuccessDiverstory » qui sera officielle en février 2018 et qui a pour mission la promotion de la diversité par l’empowerment et des actions de sensibilisation, de communication et de cohésion sociale. Ensemble, nous avons décidé d’être le changement que nous voulions voir dans ce monde.

C’est un beau projet, mais avant d’être une aventure associatiove, c’est avant tout une histoire humaine. C’est un luxe agréable et une belle motivation que de pouvoir collaborer avec des personnes compétentes ayant un bel état d’esprit. Nous avons décidé de rééquilibrer la donne en mettant notre talent au service d’un monde plus juste.

Mes fils, je suis tellement fière de ces 4 fantastiques! Parce qu’ils sont beaux à l’intérieur autant qu’à l’extérieur, équilibrés et ce sont de vrais entrepreneurs, créatifs et plein d’idées.

Qu’as-tu gardé de la petite fille que tu étais pour ta vie d’adulte ?

Cette détermination dans le regard et une certaine sensibilité.

Chouna Lomponda - Portrait de Capitaine - Rubrique Miss Marketing

Une recette miracle qui contribue à ton bien être. Est-ce que tu as des rituels ?

Sur ma table de chevet est posée ma Bible. Je l’ouvre chaque soir et quand je veux, en fait. J’y trouve toutes les réponses à mes questions.

Prier n’est pas pour moi un « rituel », mais le magnifique moyen de communication que j’utilise pour me connecter à Dieu. Ce n’est pas une obligation, ni une tradition, c’est un pur bonheur et une question de salubrité mentale! Mon rituel, dire « Je t’Aime » à mes proches et à ceux qui le sont moins, mais qui ont besoin de l’entendre.

Quelles sont tes 3 qualités de Capitaine ?

Trois verbes d’action :

  • Concevoir
  • Diriger
  • Implémanter

As-tu un idole et quelle question lui poserais-tu ?

Je n’ai pas d’idole.

Que conseillerais-tu aux entrepreneurs qui nous suivent ?

Un conseil que j’aurais souhaité avoir à mes débuts, l’importance des réseaux! Pour faire connaître son savoir-faire et se faire connaître, il faut se construire un réseau. C’est un travail.  Il faut identifier les personnes-ressources, les utiliser. En ce qui concerne mon avancement: il y a 50% de travail, 30% de communication et 20% de réseau.

 

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credit photo : ©Vaya Sigmas Studio

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